Mobile Navigation

Langues

Éclairer le débat sur les flux migratoires : l’importance de l’accès aux énergies durables

Éclairer le débat sur les flux migratoires : l’importance de l’accès aux énergies durables

État 

achevé

Date 

31 janvier, 2017

Pays 

Belgique

Région 

Europe

Résumé

En 2013, 232 millions de personnes du monde entier vivaient en dehors de leur pays d’origine et, selon les estimations d’experts des flux migratoires internes, un milliard de personnes ont définitivement migré vers un nouveau lieu de résidence au sein de leur propre pays d’origine. Selon l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), 65,3 millions de personnes ont été déplacées de force dans le monde en 2015, avec une durée moyenne d’attente de réinstallation de 17 ans pour un réfugié.

La croissance des flux migratoires internationaux entraîne également une hausse de la demande de ressources dans les pays d’accueil, dont les services énergétiques, tandis qu’inversement, la communauté internationale des donateurs incite à un usage plus efficace des financements destinés aux programmes d’aide migratoire, énergétique, humanitaire et au développement.

Le forum de discussion de l’EUEI PDF intitulé « Éclairer le débat sur les flux migratoires : l’importance de l’accès aux énergies durables » vise à explorer comment les énergies durables peuvent aider à traiter les causes structurelles des flux migratoires, ainsi que les défis et opportunités qu’entraîne l’approvisionnement des populations déplacées et des communautés d’accueil en énergies durables. Le 31 janvier, plus de 80 experts des secteurs de l’aide humanitaire, de la coopération, du développement, de la politique et de l’économie se sont réunis à Bruxelles pour discuter de ces défis.

Lors de la session du matin, un panel de discussion de haut niveau a débattu du rôle de l’énergie en tant que facteur de développement affectant les flux migratoires. Dans son discours d’ouverture, Felice Zaccheo (DG DEVCO, Commission européenne) a affirmé que l’énergie était à la fois l’un des facteurs affectant l’évolution des migrations et l’un des principaux moteurs de création d’emplois et de changement climatique. Il a été approuvé par Tosca Barucco (ministre italienne des Affaires étrangères), qui a qualifié l’énergie de vecteur clé en termes d’éducation, de formation et de création de revenus. Il a également été appuyé par Shukri Ahmed (FAO), qui a fait remarquer que l’accès aux énergies renouvelables pouvait aider à enrayer la dégradation de l’environnement – cause majeure d’émigration. Stefano Signore (DG ECHO, Commission européenne) a quant à lui souligné que si des conventions internationales existent dans le secteur de l’énergie, le cadre de travail pour une meilleure coordination des migrations peut encore être amélioré et la communauté des acteurs du développement peut y contribuer de manière significative ; car l’UE soutient les migrations planifiées qui ont des conséquences positives. La session du matin s’est achevée sur le consensus selon lequel l’énergie est un facteur clé – à la fois direct et indirect – de migrations, mais que ce lien doit être nuancé pour y inclure d’autres secteurs ayant également un impact sur les flux migratoires. L’EUEI PDF mènera d’autres recherches sur le sujet, en collaboration avec des partenaires ciblés.

L’après-midi, la discussion a évolué autour de la manière d’amener l’accès à l’énergie dans les camps de réfugiés et communautés d’accueil. Un sujet récurrent s’est avéré être la coordination et la transition permettant de passer de l’aide humanitaire à la coopération dans le domaine du développement. Wesly Urena Vargas (KfW) a présenté une étude de cas jordanienne digne des meilleures pratiques où le couplage de l’aide humanitaire dans les camps de réfugiés avec l’accès à l’énergie pour le développement dans les communautés hôtes a contribué à convaincre le gouvernement d’appuyer ces efforts et à créer des bénéfices partagés pour les deux parties. Une transition structurée permettant de passer de la simple aide au véritable développement a été jugée primordiale pour aider à créer des marchés énergétiques locaux et permettre aux populations de créer des moyens de subsistance plutôt que de les maintenir en situation de dépendance de l’aide humanitaire. Les participants se sont mis d’accord sur le fait que le secteur privé devait jouer un rôle plus important pour faciliter l’accès à l’énergie, mais aussi qu’il était nécessaire d’obtenir davantage de données sur la demande dans les camps, ainsi qu’une meilleure coopération avec le secteur public. Paul Quigley (UNHCR) a également souligné que les réfugiés avaient besoin de permis de travail et d’offres d’emploi dans leurs nouveaux pays d’accueil afin de pouvoir payer pour l’accès à l’énergie tout en créant des marchés énergétiques locaux.

Tout au long de la journée, des artistes de Housatonic ont résumé les résultats du débat dans des illustrations graphiques (voir la galerie d’images ci-dessous) et les Jeunes journalistes ont interviewé des participants. Cet événement avait pour base le document de travail de l’EUEI PDF sur le rôle de l’accès aux énergies durables dans le débat sur les migrations. Les contributions recueillies tout au long de la journée ont été intégrées à la version finale du document (disponible à droite de cette page).